PDA

Voir la version complète : Didi Kuaidi, l'application chinoise qui fait trembler Uber



Pierre
06/08/2015, 10h56
L'entreprise chinoise, née en février de la fusion de deux applications de taxis, est une des forces de résistance les plus importantes face à la société californienne.
http://feeds.feedburner.com/~r/lefigaro/laune/~4/mWc7ATC_88c

125

Les grandes entreprises de la Silicon Valley ont toutes, ou presque, leur équivalent chinois. Face à Google, la Chine a Baidu. Face à Amazon, il y a Jack Ma et Alibaba. Uber n'échappe pas à la règle. Alors que l'entreprise connaît une croissance folle dans le pays, elle pourrait se heurter à plus gros qu'elle: le champion local Didi Kuaidi.

L'entreprise est née en février dernier de la fusion de deux applications d'appel de taxis autrefois rivales: Didi Dache, soutenu par le géant Tencent, et Kuaidi Dache, soutenu par le non moins géant Alibaba. Désormais, Didi Kuaidi est un colosse. La firme a levé la somme record de deux milliards de dollars en juillet, notamment auprès d'un fonds souverain chinois. Sa valorisation est portée à 15 milliards de dollars, près d'un tiers de celle d'Uber alors qu'elle n'est présente que sur un seul marché.
Didi Kuaidi dispose du monopole national de la commande de taxi par smartphone. L'entreprise ne s'en tient pas là. Une lettre aux investisseurs datant de juin indique qu'elle supervise autant de trajets en taxi que de trajets en voiture privée, soit trois millions par jour. Au même moment, Uber revendiquait seulement un million de trajets par jour en Chine. Ces chiffres sont d'ailleurs soupçonnés d'être gonflés: le New York Times estimait en juin à 100.000 le nombre de trajets quotidiens.

Covoiturage et bus privés La société chinoise a aussi entrepris une diversification de ses services: en plus de la commande de taxis et de voitures privées, elle a lancé un système de covoiturage de courte distance pour aller au travail, baptisé Hitch. En juillet, elle a dévoilé un service de bus privés qui empruntent les trajets les plus populaires parmi les utilisateurs de l'application. Depuis une semaine, Didi Kuaidi permet également à ses utilisateurs d'embaucher un chauffeur pour leur propre voiture. Le service pourrait se révéler précieux pour les personnes en état d'ébriété.

Didi Kuaidi s'attaque aussi à Uber sur le front médiatique. Lors d'une tournée récente auprès des médias américains, Jean Liu, la présidente de Didi Kuaidi, a averti Travis Kalanick et son entreprise. Si j'étais eux, je serais très prudente, a-t-elle déclaré au site spécialisé Re/Code Personne ne connaît mieux les Chinois que nous, et notre connaissance du terrain est impossible à répliquer. Interviewée par le Wall Street Journal, elle s'en est pris au modèle de rupture d'Uber. L'entreprise américaine est réputée pour affaiblir l'industrie des taxis là où elle s'implante. Nous ne croyons pas vraiment dans ce genre de rupture. Quand cela concerne des millions d'emplois, nous croyons dans la réforme par l'intérieur. Nous essayons de travailler avec tout le monde, a revendiqué Jean Liu.

SoftBank, rival asiatique d'Uber La Chine n'est pas le seul pays asiatique à donner du fil à retordre à Uber. L'entreprise doit résister aux différents concurrents, soutenus par des fonds locaux, notamment SoftBank, la société-holding technologique japonaise. En Inde, le géant nippon soutient Ola à hauteur de 210 millions de dollars. SoftBank a aussi misé 250 millions de dollars sur GrabTaxi, un concurrent d'Uber en Asie du Sud-Est. Les fonds asiatiques commencent même à s'aventurer sur les terres d'Uber. Lyft, le numéro deux du transport par voitures privées aux États-Unis, compte, parmi ses derniers investisseurs, le japonais Rakuten et le chinois Alibaba. Pour forcer ces résistances, Uber a annoncé -en plus de ses efforts chinois- qu'elle allait investir un milliard de dollars en Inde, soit l'équivalent de sa dernière levée de fonds.




lefigaro.fr