PDA

Voir la version complète : Uber écope d’une amende de 7,3 millions de dollars en Californie



Pierre
17/07/2015, 12h18
La Commission des services publics de Californie sanctionne un manque de transparence de la part d’Uber. Outre l’amende, la société pourrait être interdite d’exercice dans l’Etat.

123

Nouvelle attaque pour Uber, qui provient cette fois des Etats-Unis, et plus précisément de sa ville d’origine : la Commission des services publics de Californie (CPUC), qui représente les intérêts du consommateur, a condamné la société de VTC à une amende de 7,3 millions de dollars, assortie d’une menace de suspension de son permis d’exercer en Californie. Le motif : une de ses filiales n’a pas répondu à l’obligation, établie dans une loi de 2013, de communiquer des données qui permettraient à la CPUC de vérifier l’équité des trajets proposés, les véhicules équipés pour accueillir les passagers handicapés, ou encore les causes de chaque incident routier impliquant un conducteur d’Uber.


La société s’est dite profondément déçue de cette amende, et a annoncé son intention de faire appel, dans le délai de trente jours dont elle dispose. Eva Behrend, une porte-parole d’Uber, souligne que la société a déjà  fourni des quantités de données substantielles à la CPUC, des informations qui ont été fournies ailleurs sans susciter de récriminations ». Uber, qui estime que la CPUC dépasse ses prérogatives, avance également que la transmission de données supplémentaires compromettrait  la confidentialité des informations des passagers comme des conducteurs .

Valorisation record

Populaire autant qu’elle est décriée dans le monde entier, la société Uber est néanmoins plébiscitée car elle propose des courses à des prix inférieurs à ceux des taxis professionnels, au moyen d’une application simple à utiliser pour passer commande. L’entreprise est en revanche décriée par les taxis qui l’accusent de concurrence déloyale et ont engagé une véritable bataille, notamment contre son service récemment suspendu en France, UberPop , qui mettait en relation des particuliers avec des chauffeurs non professionnels.


Ce n’est pas la première fois que la Californie sévit contre Uber. Dans un jugement prononcé en mars et révélé en juin dernier, un tribunal a estimé que ses chauffeurs devaient être considérés comme des salariés, menaçant, de fait, le cœur même du modèle économique d’Uber .


Uber, présente dans 50 pays, est devenue l’une des start-up les plus chères au monde, valorisée 50 milliards de dollars. La société, non cotée en Bourse, ne communique ni ne commente les spéculations chiffrées qui circulent à son propos, mais la CPUC tente, dans son arrêt, une estimation de ses revenus à partir des propos de son propre patron, Travis Kalanick. Sur la base d’un million de courses effectuées chaque jour, à un prix moyen de 10 dollars, la CPUC évalue le revenu annuel brut d’Uber à 3,6 milliards de dollars. En présumant qu’Uber prélève une taxe de 20 % auprès de ses chauffeurs, la compagnie réaliserait des ventes de 720 millions par an. Des chiffres hypothétiques, qui permettent d’entretenir encore un peu plus le mystère Uber.








lesechos.fr